L’erreur récurrente du biais de disponibilité

L'erreur récurrente du biais de disponibilité

J’ai l’habitude de vous mettre en garde contre les différents biais psychologiques que vous pouvez rencontrer en bourse.
Aujourd’hui nous allons donc parler du biais de disponibilité qui peut vous empêcher d’être objectif dans vos analyses…





L’erreur que tout le monde commet un jour ou l’autre :

Que ce soit en bourse, où dans la vie, tout le monde a un jour expérimenté le biais de disponibilité.
Il est même responsable d’une grande partie de nos erreurs de jugement.

C’est parce que c’est en fait la voie la plus rapide et la plus simple à emprunter pour notre cerveau face au flux d’informations qu’il reçoit en continu.

Ce qui constitue le biais de disponibilité, c’est le fait d’utiliser les informations les plus facilement disponibles et d’en faire des vérités absolues, au point de prendre des décisions en se basant dessus.

Un exemple concret : « Les analystes prévoient le krach du siècle le mois prochain » (la situation ne vous apparaît pas familière ?).
Les gens paniquent et commencent à se séparer de leurs titres sans prendre en compte aucune autre information : ni la santé des entreprises dans lesquelles ils ont investi, ni leur capacité à supporter des crises dans le passé, ni les graphiques de prix, rien.

Ils s’appuient sur la seule information qu’ils ont de disponible au moment T pour prendre une décision. Cette décision est intensifiée émotionnellement par le fait que tout le monde se souvient encore des effets dévastateurs de la crise de 2008 sur l’économie mondiale.

Et beaucoup d’investisseurs pensent que si la situation est similaire, le résultat le sera forcément.
À noter également que cette opinion s’intensifie d’autant plus lorsque l’info est relayée par de nombreuses sources (ex : les médias).

Ne vous laissez pas avoir par une première impression :

Le danger du biais de disponibilité est donc de prendre la première information qui passe pour argent comptant.

Pensez toujours qu’une simple information, et/ou une simple émotion attachée à cette information ne sont que le haut de l’iceberg : que se passe-t-il vraiment en dessous ?

Avez-vous suffisamment de raisons objectives pour prendre en considération cette information ?

Comme toujours en bourse, vous devez apprendre à confirmer (ou infirmer) une info par des faits.

Déjà, prenez du recul : par exemple, on ne prévoie pas une crise comme on prévoie d’aller chez le dentiste, tel jour, à telle heure.
Donc avant de vendre tous les titres de votre portefeuille, commencez par regarder ce qui se passe au niveau des indices de références de vos valeurs : que ce soit le Cac40, ou autre. Voyez si la situation vous semble alarmante, ou pas.

Reprenez l’historique de vos graphiques et tirez-en des statistiques : les entreprises de votre portefeuille ont-elles déjà traversé des crises dans le passé ? Ont-elle bien résisté ?

Note : si vous avez un portefeuille rentier, il y a de grandes chances que votre fond de portefeuille soit constitué de valeurs extrêmement solides. Mieux vaut ne pas s’en séparer trop vite sur une simple prévision de crise.

Autres exemples de biais de disponibilité :

Le biais de disponibilité ne s’exprime pas uniquement au travers des actualités économiques.

C’est aussi celui qui vous empêche d’aller voir un film au cinéma parce que la critique est mauvaise, ou d’aller dans tel restaurant parce que l’ami d’un ami, d’un ami ne l’a pas aimé.

Ou, pour revenir à la bourse, c’est aussi le cas quand après quelques heures d’entraînement sur une formation, vous dites que la stratégie ne fonctionne pas.
Vous vous appuyez sur une seule information disponible immédiatement (vous n’y arrivez pas), pour conclure que la méthodologie tout entière est invalide et arrêter de vous entraîner.
Pourtant, les statistiques (au niveau des résultats, mais aussi des autres élèves), prouvent le contraire.

Enfin, sachez aussi que ce biais de disponibilité peut être à l’origine de beaucoup d’autres.
Par exemple, de l’aversion au risque : vous augmentez votre aversion au risque sur un instrument financier parce que vous avez lu que c’était risqué (sans même savoir sur quoi s’appuie cette affirmation).

Ou encore, vous suivez l’effet de masse parce qu’on vous a dit que « c’est une affaire à ne pas rater ».

Vous avez compris : avant de suivre l’information aveuglément, prenez toujours le temps de vous forger une opinion propre. Cela vous sera utile en bourse, évidemment, mais aussi dans votre vie quotidienne.

Savez-vous reconnaître le biais de disponibilité ?
N’hésitez pas à donner vos avis dans les commentaires en dessous de l’article !

Bons trades et à bientôt,

Sylvain March
Trader indépendant, et formateur pour mieux investir en bourse.