Lire les pensées de ses adversaires grâce à l’analyse technique

Psychologie et analyse technique

Un des principaux reproches formulés par les détracteurs de l’analyse technique, c’est qu’elle occulte totalement l’aspect « humain » des marchés, qui est pourtant un facteur capital dans l’économie. Ça me fait rire. Car en réalité c’est tout le contraire… Je vais vous le démontrer maintenant.


La psychologie ?

Si vous avez lu ma bio, vous savez que j’ai fait notamment des études de psychologie, avec un passage par les neurosciences. Avec un tel profil, il peut sembler étonnant que j’aie décroché un job dans une filiale de courtage .
Pourtant, comprendre le fonctionnement de l’esprit humain, du cerveau et des ses réactions « automatiques », est un atout de taille.
J’ai appris dans mes études que nous étions tout, sauf originaux dans nos réactions (désolé…). Nous avons 95% de points communs dans nos comportements et seulement 5% de différences.
Pourquoi ? Parce que nous avons tous le même programme social et émotionnel dans notre cerveau, on appelle cela parfois « l’instinct ». Vous ne me croyez pas ? Posez votre main sur une plaque électrique de cuisson en marche : vous allez la retirer violemment avant même d’avoir pensé consciemment à le faire.

Regardez aussi les réactions d’une foule : tout le monde fait la même chose. Et bien la bourse, c’est une foule qui regarde la même courbe, au même moment.

L’analyse technique ?

Et l’analyse technique dans tout ça ? C’est l’étude du prix. Le prix, c’est le reflet de la somme de tous les achats et ventes des gens.
Quand vous regardez une courbe, que vous l’analysez, vous étudiez en fait l’évolution de la réaction des gens sur le marché. Ont-ils plutôt acheté ou vendu ? Ont-ils paniqué ? Ou ont-ils été euphoriques ? Un gros acteur a-t-il subitement liquidé ses positions ? Toutes ces choses sont lisibles.

Un cours de bourse, c’est une sorte d’inconscient collectif retranscrit. L’analyse technique permet de le déchiffrer, de l’interpréter.
Si on fait de l’AT en croyant faire des « maths » et que la courbe est une fonction, on a tout faux. Et on piochera tout et n’importe quoi en termes de stratégies.
Au contraire, si vous utilisez des stratégies graphiques cohérentes avec la psychologie de masse, vous serez le roi du monde.

Le résultat des deux : la finance comportementale

Discipline relativement récente, elle puise ses fondements dans la théorie générale de John Maynard Keynes. Un des premiers à évoquer l’idée que l’économie s’appliquait à des êtres totalement irrationnels : nous.

Avant lui, on partait systématiquement du principe, pour élaborer les théories, que l’être humain était objectif et avait connaissance de l’ensemble des paramètres en jeu quand il prenait une décision d’achat. Il faut l’avouer, cela facilitait bien les choses…

Mais ce n’est pas le cas. Nous sommes des « esprits animaux », c’est ce que le post-keynésianisme a voulu creuser à fond.
La finance comportementale intègre ce paramètre et explique les mouvements financiers, les crises, la croissance, à la lentille de la psychologie sociale.
Cela permet de bien mieux réagir au marché boursier et de prendre des décisions avisées.

finance comportementale

Conclusion : en pratique

Vous expliquer en quelques mots comment bien mettre tout cela en place dans une stratégie de trading serait bien prétentieux.
Ce que je peux vous dire, c’est qu’il ne faut pas voir un graphique comme un terrain de jeu géométrique. Mais plutôt comme le divan du psychologue.
En regardant vos courbes chaque matin, demandez-vous : « à quoi pense le marché aujourd’hui » ?

Savoir qu’on est soumis aux émotions, n’en prémunit pas. Mais personnellement, je ne le crains pas.
Car je sais qu’à ce moment-là, je n’ai qu’à faire L’OPPOSÉ de ce que mon cerveau me crie, paniqué, de faire. Et compter les sous ensuite 🙂

En me concentrant fort, j’entends parfois des « beh, beehh » devant mon écran… vous les entendez aussi ?

À très bientôt,
Sylvain March.