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Qualité des bénéfices

Les bénéfices d’une société sont une donnée financière de première importance, tant pour l’investisseur que pour le trader.

C’est précisément en raison de cette importance que certaines sociétés sont tentées d’en manipuler les valeurs afin de les faire paraître meilleure qu’elles ne sont véritablement pour attirer des investisseurs, ou au contraire plus mauvais qu’ils ne sont pour échapper à certaines taxes.

Voilà pourquoi se pose le problème de la qualité des bénéfices : plus les bénéfices rapportés sont de qualité, plus grande est leur fiabilité dans la projection de bénéfices à venir.

Sommaire :

EPS exluding Extra

Les bénéfices nets par action sont affichés ici sur atom.finance : comme indiqué, ces données ne prennent pas en compte les rentrées ou sortie d’argent exceptionnels, non représentatifs de la profitabilité de l’entreprise à terme : EPS excluding ExtraOrd Items

L’importance des bénéfices

Les bénéfices constituent l’objectif central de toute entreprise privée. Plus son taux de profits est important, c’est-à-dire plus elle réussit à vendre ses produits à un prix bien plus important que la somme de ses coûts de production, plus elle parvient à générer de la valeur ; elle contribue ainsi positivement à la société.

Ces bénéfices pourront alors être employés en étant réinvestis dans l’entreprise, à l’acquisition de nouveaux facteurs de production, qu’il s’agisse de nouvelles matières premières, de nouveaux outillages et infrastructures, ou encore une masse salariale plus étendue.

Les bénéfices sont donc absolument cruciaux pour juger de la qualité des opérations menées – ils en sont le critère ultime.

Qu’est-ce que des bénéfices de bonne qualité ?

La qualité des bénéfices d’une entreprise tient essentiellement à une amélioration de sa productivité : de meilleures ventes de ses produits et services ou une diminution de ses coûts de production.

Les bénéfices peuvent être calculés de manière dite « conservatrice », ou de manière « agressive ». La manière conservatrice est, comme il se doit, considérée comme plus crédible au regard de l’estimation des bénéfices de l’entreprise.

Plus la méthodologie comptable employée est conforme aux critères de comptabilité recommandée, en particulier la concordance avec les GAAP (Generally Accepted Acounting Principles), plus les données des bénéfices sont considérées comme fiables.

Les deux qualités principales qu’offrent ces principes de comptabilité sont la fiabilité et la pertinence.

La fiabilité assure que les données financières de l’entreprise dont vérifiables, sans erreur ni biais de sélection et représentent fidèlement la réalité des activités de la société.

La pertinence correspond au degré du pouvoir de prédiction des bénéfices passés vis-à-vis des bénéfices à venir éventuels.

Les analystes devront examiner les comptes de résultats de l’entreprise.

C’est tout particulièrement le revenu net qui doit être scruté, car les bénéfices par actions et le P/E peuvent être manipulés. Si les revenus augmentent d’une année à l’autre et d’un trimestre à l’autre, la hausse des bénéfices devient s’en trouve mieux corroborée.

Le revenu net sera privilégié aux ventes, car certaines de ces ventes se font à crédit, et ne correspondent donc pas nécessairement à une rentrée d’argent.

On examinera ensuite les variations entre les flux financiers issus des opérations d’une part et le revenu net d’autre part. En effet, une société qui présenterait une hausse de ses revenus, mais des flux financiers issus des opérations négatives serait suspecte : ses revenus ne proviennent manifestement pas des ventes réalisées.

Les types de manipulation des bénéfices

Les bénéfices peuvent être, sinon manipulés sciemment, du moins être trompeur quant à la véritable profitabilité de la société. Le cas de fraude avérée le plus tristement célèbre ayant conduit les investisseurs à de grandes pertes financières est sans nul doute celui de la société Enron.

Ces manipulations ou ces apparences trompeuses peuvent prendre plusieurs formes. Dans le cas d’une tentative de manipulation, il s’agira non seulement de faire paraître les chiffres pour supérieurs à ce qu’ils sont véritablement afin d’attirer d’éventuels investisseurs, mais l’entreprise pourra aussi minorer autant que possible ses bénéfices afin de ne pas subir une taxation supérieure.

Mais dans le cas d’apparence trompeuse, l’apparence peut être elle aussi tantôt négative, tantôt positive. L’entreprise paraîtra moins profitable ou plus profitable en raison de circonstances singulières et d’évènements ponctuels qui ne sont pas représentatifs de ses activités ordinaires, partant de sa profitabilité à moyen et long terme.

Une entreprise peut en effet générer un profit extraordinaire sans lien avec ses activités productives, son cœur de métier. Par exemple, une société peut réaliser une opération immobilière en vendant ses locaux actuels pour en acheter ou en louer d’autres à plus bas coûts, profitant d’une hausse des prix de l’immobilier où se trouvaient ses anciens locaux. Ce genre d’entrée d’argent ne se reproduit guère, c’est pourquoi l’effet positif momentané n’est pas représentatif de la profitabilité à long terme de l’entreprise.

De plus, un taux d’inflation important gonfle artificiellement les données nominales des bénéfices. Ainsi, des sociétés peuvent donner l’illusion à l’investisseur inattentif d’être profitables alors qu’en vérité leurs profits ne font guère plus que de compenser l’inflation, donc la perte de valeur de l’unité monétaire en jeu.

Enfin, en rachetant ses propres actions et en réduisant par la même le nombre d’actions en circulation, une société peut manipuler les données de ses bénéfices exprimés sous forme de bénéfices par actions (EPS – Earnings Per Share) ou encore sous la forme de l’indice fondamentaliste du ratio de prix de l’action aux bénéfices par action, le P/E ou PER. De la sorte, une entreprise accusant un déclin de ses revenus nets pourrait afficher une hausse de ses bénéfices par actions.

L’investisseur sera donc attentif aux bénéfices de l’entreprise vis-à-vis du nombre d’actions en circulation. Il devra ajuster les données présentant les bénéfices par actions au nombre d’actions effectivement disponibles.

Bien entendu, cette manipulation est d’autant plus problématique si l’entreprise en question s’endette afin d’obtenir les fonds nécessaires au rachat de ses propres actions.