Taxe sur les transactions financières : la solution pour y échapper

Taxe sur les transactions financières : la solution pour y échapper

Mise en application depuis le 1er août, la taxe sur les transactions financières (TTF) impose les transactions boursières sur les actions des 109 plus grosses entreprises françaises de 0,2% à chaque mouvement. Les solutions de repli efficaces sont multiples : voici quelques conseils pour y arriver.


Je ne veux pas faire de politique sur ce blog, par conséquent, je vais tenter d’être le plus factuel possible et je ne discuterai pas le bien-fondé de cette taxe :
Si vous souhaitez la payer, payez-la. Si vous souhaitez connaître les alternatives, suivez-moi.

Quel est le périmètre d’action de cette taxe ? Quelles conséquences ?

Pour vaincre un ennemi, il faut avoir une connaissance claire de sa façon d’agir.

La taxe sur les transactions financières actuelle, inspirée de la taxe Tobin ( qui l’avait imaginée pour simplement limiter la volatilité sur les taux de change ), impose chaque transaction sur l’achat et la vente réelle des actions de 109 entreprises françaises. Vous pouvez consulter la liste complète ici : arrêté du 12 juillet 2012 sur legifrance
Le prélèvement est fixé à 0,2%, ce qui signifie que si vous effectuez une transaction par mois sur une action, le bénéfice sur le dividende est déjà annulé, sans même compter les frais de courtage, l’imposition sur les dividendes et l’imposition sur la plus-value

Solution 1 : affronter

Si vous souhaitez affronter directement cette taxe, il faut comprendre que son impact fiscal est maximal à un niveau de transactions « moyen » (une par mois).

Par conséquent, vous pouvez :

  • Réduire votre nombre de transactions drastiquement et vous positionner sur les actions classiques simplement en investisseur. Ne spéculez pas et comptez simplement sur les dividendes. Vendez au bout de nombreuses années soit par nécessité, soit pour financer un gros projet (immobilier, entreprise, voyage, retraite…) en espérant faire une plus-value sur le prix de l’action.
    Si vous êtes tenté par cette solution, laissez-moi vous dire une bonne chose : préférez les obligations. En tant que créancier, vous obtiendrez une rentabilité annuelle plus élevée et une sécurité quasi absolue de retrouver tout votre investissement. Pourquoi les banques sont-elles riches ? Parce qu’elles prêtent. Alors, faites comme elles : prêtez 🙂
  • Augmenter votre nombre de transactions drastiquement et vous positionner comme trader. Vous chercherez à compenser la fiscalité par une rentabilité supérieure. Attention, pour que cette solution soit viable, vous devez avoir beaucoup de temps libre et être déjà rentable comme spéculateur ! Sinon vous courez à la catastrophe.

Solution 2 : éviter

De loin mon alternative préférée. Je suis un adepte de la philosophie bouddhiste. Soyez comme l’eau : quand elle rencontre un rocher, elle ne va pas se fracasser contre lui, elle le contourne…

Par conséquent, vous pouvez :

  • Utiliser les produits dérivés. Le champ d’action de cette taxe est très limité : il s’applique uniquement aux actions « classiques ». Vous pouvez donc utiliser les CFD, les options, les ETF, etc. Je vous conseille vivement les CFD : les commissions sont faibles, vous pouvez jouer dans les deux sens, utiliser l’effet de levier
  • Trader sur d’autres marchés. Il n’y a pas que les actions françaises dans la vie ! Il y a les actions de tous les autres pays, mais aussi les changes, les matières premières, les métaux…109 actions sont « perdues », mais des dizaines de milliers d’autres valeurs vous tendent les bras 🙂
  • Enfin, cette loi se voulant limiter la spéculation, il est assez drôle d’apprendre que la taxation n’a pas lieu en intraday, si vous achetez et revendez dans une même journée ! Si vous avez le temps et la motivation pour faire du « day trading », exit la TTF 🙂

Allez-vous mettre en pratique une des solutions proposées dans cet article ? Est-ce déjà le cas ?

À très bientôt,
Sylvain March.