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Crise sanitaire : comment protéger l’industrie française ? Le cas du groupe Renault-Nissan 1/2

Véhicule commercialisé par la marque Renault
Mis à jour le 12 Avr. 2022 à 15h38

La pandémie du coronavirus impacte de nombreux secteurs, et plus particulièrement celui de l’automobile, qui doit surmonter « la crise la plus grave de son histoire » d’après l’Association des constructeurs européens (ACEA). EnBourse apporte un éclairage sur le ralentissement de l’activité et revient sur les modalités d’actions des autorités françaises pour protéger les fleurons de l’économie française, notamment le groupe Renault-Nissan dont il est actionnaire à hauteur de 15%.

Impacts de l’épidémie du Covid 19 sur le secteur automobile déjà en difficulté

Le marché mondial montrait déjà des signes d’essoufflement en 2019, en raison de la transition vers des normes écologiques toujours plus draconiennes, en faveur des véhicules électriques ou plus respectueux de l’environnement.

Alors que les dispositifs de protection à l’égard du virus touchent près de la moitié de la population mondiale, les conséquences sont dramatiques chez les constructeurs automobiles et les fournisseurs.

Les mesures de confinement et la fermeture des commerces et industries dites non essentielles ont entraîné la mise à l’arrêt des activités de vente des concessions et de production automobiles des usines.

Alors que les dispositifs de protection à l’égard du virus touchent près de la moitié de la population mondiale, les conséquences sont dramatiques chez les constructeurs et les fournisseurs

Illustration de la diminution d’activité automobile liée aux mesures de confinement qui touchent plus de la moitié de la population mondiale – Pandémie Covid 19 – Avril 2020

Les prévisions concernant les ventes mondiales évoquent un recul de près de 20% sur l’année, comparées à 2019. L’Agence Moody’s a régionalisé ses perspectives, et table sur un recul du marché de 21 % en Europe, de 15 % aux États-Unis, de 10 % en Chine et de 8 % au Japon.

L’effondrement des ventes est international et touche tous les constructeurs ; et les chiffres parlent d’eux-mêmes pour le mois de mars 2020 :
– 87% pour Suzuki
– 83,98% pour le groupe Jaguar – Land Rover
– 78,91% pour le groupe Volkswagen
– 55,10% pour le groupe Hyundai

Du côté des constructeurs français, la chute des ventes est du même acabit, et affiche une diminution de 73,43% pour le groupe PSA et de 71,60% pour le groupe Renault-Nissan (dont Mitsubishi et Dacia).

Seul le constructeur japonais Toyota affiche une baisse très limitée de 3%…

Renault : un groupe fragilisé avant crise

Alors que la valorisation surfait sur des plus hauts historiques, et que l’Alliance Renault-Nissan-Dacia-Mitsubishi détrônait Toyota en qualité de premier constructeur automobile mondial, le groupe Renault a beaucoup fait parler de lui en 2018, avec les affaires de son ancien Directeur Général, Carlos Goshn.

La durée de la crise, les difficultés liées aux participations des États français et nippons, le renvoi du remplaçant de C. Ghosn, Thierry Bolloré, en septembre 2019, ont contribué à fragiliser l’Alliance des marques Renault / Dacia / Nissan / Mitsubishi.

Renault a perdu sa place de leader mondial, et a subi la volatilité des marchés en raison de l’incertitude liées aux orientations du groupe après l’ère Ghosn. Les agences de notation ont d’ailleurs contribué à la vulnérabilité de la valeur sur les marchés financiers, dégradant successivement la perspective du titre jusqu’à une triste catégorie « spéculative » (Moody’s), synonyme de « difficultés de financement sur les marchés ».

Chute du titre Renault suite aux affaires liées à l'affaire Ghosn et à la crise sanitaire du coronavirus

Fluctuation du titre Renault, en UT hebdomadaire, présentant la tendance baissière de la valeur (-75%) depuis le début de l’affaire Carlos Ghosn

Quelle solidité pour « survivre » à la crise ?

Á l’occasion des résultats annuels 2019, le groupe annonçait disposer de 16 milliards d’euros de réserve de liquidités (dont 12,3 milliards de trésorerie, ainsi que 3,5 milliards de lignes de crédit disponible). Sans oublier sa participation de 43% dans Nissan, qui lui permet de compter sur des actifs.

Mais avec l’arrivée de la pandémie, le constructeur automobile a été contraint d’interrompre l’essentiel de sa production en Inde et en Amérique du Sud. Même scénario en Europe, notamment en Italie, en Espagne et en France, où en 2019, ces trois pays représentaient plus de 29% de ses ventes. Avec la fermeture de tous les sites en Europe, plus de la moitié des ventes est finalement impactée.

La situation du groupe Renault est donc suffisamment préoccupante pour qu’il soit contraint de se tourner vers l’État français en cas de difficultés de trésorerie…

Quelle intervention de l’État français possible ?

Alors que les allemands réfléchissent à une éventuelle nationalisation de certaines entreprises, notamment dans le secteur automobile, l’État français, déjà actionnaire à hauteur de 15% du groupe Renault, a fait savoir par la voix de son ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, que tout serait mis en œuvre pour assurer la pérennité des activités du constructeur automobile.

Dans la mesure où filière peine à se remettre sur les rails sur les sites de production, après des négociations et des accords sur les protocoles de protection des salariés et de réorganisation du travail, dans quelles conditions pourrait se faire ce « soutien massif » ?

Retrouvez la seconde partie de cet article : Crise sanitaire : comment protéger l’industrie française ? Le cas du groupe Renault-Nissan 2/2

Et pour en savoir plus :
Survivre à la crise : le secteur automobile peut-il se relancer et nous surprendre ?
Plan de relance automobile : 3 raisons d’investir sur l’avenir
Plan de relance automobile : 3 raisons d’investir sur l’avenir (Partie 2)
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Clemence CL
- Rédactrice financière
Historienne de formation, et férue d'économie et de géopolitique, j'ai intégré la Communauté d'EnBourse en 2017. Grâce aux formations et à l'accompagnement des coachs de la première édition d'Elite, je me suis lancée véritablement dans le trading. Adepte du swing trading, j'apprécie particulièrement le marché des matières premières et des indices, mais n'hésite pas à saisir les opportunités du marché actions et des cryptos !
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