Devenir trader indépendant en France : quel statut ?

Devenir trader indépendant en France : quel statut ?

Je reçois régulièrement cette question par mail ou en commentaire : quel statut choisir pour devenir trader indépendant ? S’il n’y a pas de réponse toute faite, car chaque situation diffère, voici quand même quelques pistes :

Vous êtes étudiant ou travailleur à temps plein:

Être trader indépendant n’est malheureusement pas conciliable avec une activité à temps plein.
Même si avec de l’expérience et de l’organisation vous pourrez réduire le temps nécessaire à quelques heures par jour, elles resteront indispensables.

Dans cette situation, le bon statut pour vous serait plutôt « investisseur indépendant », c’est-à-dire un épargnant actif qui arbitre son capital de manière intelligente à un horizon moyen-long terme.
Dans ce cas, vous n’aurez pas besoin de statut particulier, seulement de déclarer vos plus-values sur votre feuille d’impôts chaque année.

Pour éviter un matraquage fiscal trop important, investissez au sein d’un PEA, d’une assurance-vie, ou si le produit choisi ne vous le permet pas, conservez le titre plusieurs années ( il y un abattement progressif de la taxation assez important : jusqu’a -40% à partir de 6ans).

Vous êtes actif à mi-temps :

C’est la voie la plus confortable pour bien démarrer :
vous avez d’un côté des revenus fixes, et de l’autre une demi-journée de libre pour trader activement, sans risquer le piège de l’obsession à screener des graphiques 15 heures par jour.

D’un point de vue fiscal, il y aura deux cas possibles :

  • le trading représente un complément de revenus inférieur à votre activité professionnelle.
    Dans ce cas vous devrez déclarer vos PV comme un particulier : Votre tranche d’IR + 15,5% de prélèvements sociaux.
    A priori quel que soit le support financier choisi : actions, CFD, Forex…la taxation est identique.
    Sachez cependant que les moins-values nettes réalisées sont reportables et déductibles des gains réalisés sur une période de 10 ans.
     
  • le trading représente le plus gros de votre CA à la fin de l’année, il sera donc imposé comme activité professionnelle principale.
    C’est l’idéal, car votre taux d’imposition se fera sous le régime entrepreneur choisi, en déclarant des Bénéfices Non Commerciaux professionnels (BNC). Le mieux semble être l’EI, Entreprise individuelle, en statut de profession libérale.
    Les charges seront moins lourdes que l’EURL, (mais vous n’aurez pas d’allocation chômage à l’arrêt de l’activité).
    L’astuce : déclarez-vous en frais réels pour déduire tous vos investissements (informatique…)

Attention : l’auto-entrepreneur n’est pas possible pour déclarer des activités de bourse.

Vous êtes sans activité :

Vous pouvez être dans cette situation dans 3 cas principaux :
– retraité
– chômeur / en fin d’études sans avoir encore trouvé de travail
– avez pris une année sabbatique pour vous lancer dans le trading (comme je l’avais fait en 2008 pour me lancer)

Je vous conseille de ne prendre aucune décision avant la fin d’une première année de trading actif :
selon les résultats, vous pourrez soit arrêter (si vous êtes en négatif) soit choisir un des deux modes d’imposition décrits dans la partie précédente.

La voie alternative du « fiscal nomad » :

Évidemment, un des avantages de ne pas être lié par un travail ou des études, c’est la possibilité de sortir de France…cela peut être très intéressant d’un point de vue fiscal.
Deux cas possibles :

  • Vous vous expatriez : dans ce cas vous serez soumis à l’imposition du pays d’accueil, qui sera presque forcément meilleur qu’en France, cela peut être proche comme la Belgique ou la Suisse, ou plus exotique : Hong Kong, Singapour..l’exonération y est quasi totale 🙂
     
  • Vous devenez un fiscal nomad : si vous passez moins de 6 mois par an au même endroit, vous n’êtes donc rattaché…à aucun pays d’un point de vue fiscal !
    Je connais quelques personnes qui le font : par exemple 6 mois en France et 6 mois à l’étranger.
    Évidemment ce n’est pas une solution viable pour toute la vie, mais si vous avez envie d’un peu d’aventure à un moment donné, c’est vraiment une super expérience.

Pour conclure, petite mise en garde : je ne suis ni expert-comptable, ni fiscaliste.
Les conseils que je donne ici sont des pistes, mais vous devez impérativement faire le point d’une part avec un professionnel, d’autre part avec votre inspecteur des impôts (leurs réponses varient d’un endroit à l’autre…).

Et vous, souhaitez-vous devenir trader indépendant ? Qu’avez-vous mis en place pour y arriver ?
Réagissez en commentaires plus bas !

À très bientôt,
Sylvain.