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Crise sanitaire : Comment protéger l’industrie française ? Le cas d’Air France-KLM 2/2

Vue panoramique de "Bercy" ou ministère de l'Économie et des Finances français
Mis à jour le 12 Avr. 2022 à 15h39

Á la veille de la sortie des résultats du premier trimestre 2020, un certain nombre d’entreprises françaises ont été particulièrement impactées par les conséquences de la crise sanitaire. EnBourse revient sur les modalités d’actions des autorités françaises pour protéger les fleurons de l’économie française, notamment dans le secteur aéronautique. (suite de l’article du 14 avril 2020)

Gérer l’actionnariat de l’État

L’Agence des Participations de l’État – APE, crée en 2004, gère les participations de l’État français au capital d’une centaine d’entreprises, et arbitre les décisions en matière d’actionnariat.
Elle est pilotée, par le ministère de l’économie et des finances depuis 2017.

Depuis quelques années, l’État poursuit une politique de désengagement, en vendant ses parts détenues au sein de certaines entreprises. En automne dernier, s’est déroulée la privatisation de la Française des jeux.

La privatisation de la société Française des jeux s'est déroulée à l'automne 2019

Évolution de la cotation à partir du 22 novembre 2019 de la valeur Française des jeux suite à sa privatisation

Celle d’Aéroport de Paris – ADP, était également sur les rails, la pétition s’élevant contre l’initiative peinant à rassembler une opposition significative pour stopper le processus. Autre cession d’actif envisagée : Engie
Environ 15 milliards d’euros de recettes cumulées étaient escomptées, notamment à des fins de diminution de la dette nationale.

La crise sanitaire et ses conséquences économiques et financières ont eu raison de ces procédures de ventes massives d’actions.
Désormais, il est question de « recapitalisation » ou encore de « nationalisation »…

Stratégie de l’Agence de Participations de l’État – APE

Aux yeux de l’APE, la compagnie aérienne franco-néerlandaise a un impact économique de 26 milliards d’euros pour le pays. Alors qu’Air France-KLM et ses deux branches low costs – Transavia et Hop – emploient 61 685 salariés, ses activités en induisent près de 300 000 connexes supplémentaires.

Sous cet éclairage, dans le cadre de la crise sanitaire et économique actuelle, en évoquant une recapitalisation, ou une nationalisation, l’État répond à l’une de ses responsabilités stratégiques : devenir actionnaire de certaines « entreprises en difficulté dont la disparition pourrait entraîner un risque systémique ».

Ainsi, il n’est pas étonnant qu’en ce qui concerne la compagnie aérienne rendue vulnérable par la chute de sa capitalisation, plusieurs options pour la protéger soient envisagées par Berçy.
Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances a rassuré les parties prenantes en assurant que « l’État n’avait pas vocation à gérer des entreprises du secteur commercial » et que les dispositions seraient temporaires.

Des mesures d’économie qui ne suffiront pas

Frappé de plein fouet par la crise sanitaire et ses répercussions financières sur ses activités, le groupe Air France-KLM a adapté son plan d’économie et a décidé de diminuer ses investissements pour dégager davantage de trésorerie.

Parallèlement, à l’instar des entreprises impactées par la perte de chiffre d’affaires, le groupe a mis en place un dispositif de chômage partiel pour 80 % de ses salariés lui permettant de dégager plus d’un milliard d’euros sur sa masse salariale.
La demande d’allègement de taxes et de report de charges fiscales et sociales est par ailleurs garantie par l’État français.

Une nationalisation peu probable

Dans ce contexte, un soutien fort semble indispensable à cette compagnie.
Mais une nationalisation d’Air France-KLM n’est pas envisageable.
La France détient déjà 14,3% du capital du groupe, face aux Pays-Bas qui en possède 14%. Il faut aussi compter sur la participation de Delta Airlines et China Eastern, qui pèsent chacun 8,7% du capital.

Et la France s’est engagée à ne prendre aucune décision de montée au capital sans une collaboration étroite avec l’État néerlandais.
Difficile dans ces conditions d’espérer acquérir plus de la moitié de la société…

Vers un soutien financier massif en attendant une reprise de l’activité

La compagnie aérienne travaille auprès des établissements bancaires à l’octroi d’un prêt de l’ordre de 10 milliards d’euros. Benjamin Smith, Directeur général du groupe, ne cache pas les difficultés pour arriver à l’obtention d’un emprunt d’une telle ampleur, même garanti à plus de 70% par les États actionnaires : « en raison de l’ampleur de la crise sur le transport aérien, de l’histoire sociale d’Air France et de la performance économique d’Air France avant la crise ».

Bruno Le Maire a toutefois répété que le gouvernement fournira un « soutien massif » à la compagnie, évoquant les 20 milliards d’euros du fonds d’affectation spéciale, géré par l’Agence de Participation de l’État.

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire a toutefois répété que le gouvernement fournira un « soutien massif » à la compagnie, évoquant les 20 milliards d’euros du fonds d’affectation spéciale, géré par l’Agence de Participation de l’Etat.

Interview du ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire- France 2 – 08 avril 2020

Disposant de plus de 5 milliards de liquidités, la compagnie peut faire face quelques mois aux difficultés, mais la reprise espérée du trafic aérien, dépendant de la durée de la crise, pourrait être particulièrement poussive.
En effet, les prévisions optimistes tablent sur une occupation en siège de 20% en juin, 40% en juillet et 60% en août ; voire 75% au dernier trimestre 2020.
Des perspectives à confirmer

Retrouvez la première partie de cet article ici

Et pour en savoir plus :
Aides des États aux compagnies aériennes nationales : quelle stratégie ?
Warren Buffett lâche le transport aérien : l’arbitrage de la décennie ?
#Plan aéro 2020 : le crash d’Airbus est-il inévitable ?

Clemence CL
- Rédactrice financière
Historienne de formation, et férue d'économie et de géopolitique, j'ai intégré la Communauté d'EnBourse en 2017. Grâce aux formations et à l'accompagnement des coachs de la première édition d'Elite, je me suis lancée véritablement dans le trading. Adepte du swing trading, j'apprécie particulièrement le marché des matières premières et des indices, mais n'hésite pas à saisir les opportunités du marché actions et des cryptos !
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