L’arnaque du concept de « suracheté » ou « survendu »

Bourse : L'arnaque du concept de suracheté ou survendu

L’interprétation de surachat ou survente, venue de l’anglais overbought et oversold, est un principe qui consiste à penser que lorsqu’une valeur a été « trop » achetée ou « trop » vendue, elle va se retourner.
Tout ceci est une vaste blague et je vais vous montrer pourquoi :

Définitions :

En analyse fondamentale :

Les fondamentalistes qui adoptent le concept de surachat (ou survente) considèrent que si une action a été tellement achetée que son prix ne reflète plus la valeur de l’entreprise sous-jacente, il y a la une opportunité d’arbitrage.

Mon avis : cela peut parfois être le cas, mais ce seul critère est clairement insuffisant pour définir l’opportunité.
L’erreur fondamentale (c’est le cas de le dire) que font ceux qui raisonnent ainsi, c’est une mauvaise interprétation de la théorie d’efficience des marchés.
Ils pensent que les acteurs financiers sont des gens « raisonnables » qui vont se rendre compte d’eux-mêmes qu’ils ont payé trop cher pour cette valeur, et par conséquent se mettre à la vendre…
Je vous laisse le temps de finir de rire. Voilà. Bon, ça suffit maintenant ! Allez, on reprend.

En réalité l’efficience des marchés ne fonctionne pas de manière subjective, mais mécanique.
Je vais y venir dans le paragraphe suivant.

En analyse technique :

Les analystes techniques qui adoptent ce concept, essayent de trouver des niveaux de prix qui paraissent anormalement éloignés de leur moyenne habituelle.
Pour cela ils utilisent des indicateurs de force relative, comme le RSI, le MACD, le stochastique, le CCI, le momentum, etc (il y en a tellement..).

Mon avis : l’erreur technique ici ( 🙂 ) est de partir du principe qu’il y a un nombre connu et fini de joueurs autour de la table, et que lorsque tous auront acheté, ils ne pourront plus faire qu’une seule chose : vendre (ou inversement bien sûr).
En réalité, quand un prix commence à s’envoler, il attire de nouveaux investisseurs qui se mettent à acheter, créant ainsi un effet boule de neige.
Savoir quand le mouvement va s’essouffler est extrêmement difficile, et impossible avec un simple indicateur de force relative.
La « bulle » finira par éclater (si bulle il y a) et l’efficience des marchés sera alors à l’oeuvre, quand plus aucun nouvel investisseur n’entrera en jeu.

L’erreur d’interprétation illustrée avec la force relative :

Exemple classique : si le RSI dépasse 70, on attendra qu’il revienne sous le niveau pour vendre. L’idée étant, comme pour les fondamentalistes, de faire un arbitrage en contre tendance.

Encore une fois, cela peut s’avérer vrai parfois (pas très souvent) mais en convergence avec bien d’autres facteurs.
En pratique cela a vite tendance à créer des usines à gaz, car chacun voit midi à sa porte :
Quel niveau prendre : 70,75,80 ? Quel oscillateur choisir ? Avec quel paramétrage ? En concordance avec quel paramètre ? Etc etc…

Voici la situation parfaite de l’acharnement du trader débutant à vouloir aller contre la tendance :


Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Ici les professionnels se frottent les mains : les malheureux qui tentent de vendre encore et encore fournissent de la liquidité à bas prix pour alimenter les acheteurs intelligents !
En cela, le concept est bien une arnaque, puisqu’il permet de littéralement « voler » les investisseurs imprudents qui se sont laissés convaincre par la théorie.

Pour ceux qui ont déjà fait cette erreur, vous me recopierez 10 fois cet article au tableau 🙂

À très bientôt,

Sylvain.