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Récession économique 2020 : Tirer profit de certains actifs financiers 3/3

14 mai 2020 / Clem1 / Dernière mise à jour : 17 juin 2020 Graphique de la chute des marchés en raison du Covid 19

Dans la dernière partie de cette série de trois articles, EnBourse achève son tour d’horizon des instruments financiers à privilégier dans ce contexte de crise économique si particulier.

Que vaut l’« or numérique ou digital » ?

Le Bitcoin, principale crypto monnaie, est souvent qualifié d’« or numérique ou digital ».
Cet actif a des caractéristiques intrinsèques similaires à l’or : « fort, permanent, fongible, divisible et rare ».

Si la pandémie perdure, dans un marché atone, il n’est pas exclu que les investisseurs cherchent des alternatives aux instruments financiers classiques.

Et la politique monétaire unique du Bitcoin, qui vise à encadrer de façon « automatique » sa propre création tous les 4 ans via le « halving », pourrait séduire de nouveaux investisseurs (voir à ce sujet l’article dédié à l’évènement : Halving BTC. Ainsi, le Bitcoin n’a aucune fonction autre que celle d’être un actif financier. Ce n’est donc pas un instrument tangible, ni une monnaie qui tire sa force d’un État.

Ce jeune actif interpelle de part sa fluctuation, corrélée à certain moment aux indices, ou évoluant indépendamment

Graphique montrant la corrélation du Bitcoin avec l'or et un indice en janvier 2020

Graphique posté sur tweeter le 08 janvier 2020 à l’occasion du regain des tensions US-Iran. On observe une corrélation intéressante entre le métal jaune et l’or numérique. (Source : https://twitter.com/Rewkang/status/1214983170862399488 – Andrew Kang @rewkang)

Alors que son comportement en période de forte déflation est encore inconnu, l’historique de l’or dans les situations déflationnistes pourrait servir d’indicateur pour le Bitcoin.
Á noter que la valeur de rendement et de diversification du BTC commence à être recherchée par certains grands hedge funds, et que ses volumes ont fortement augmenté à l’approche du « halving » du 11 mai dernier.

En raison de son manque d’antériorité, et de son prix qui n’a évolué que dans le sens de la croissance depuis sa création en 2008, l’investisseur doit malgré tout rester très prudent s’il cherche à investir sur le marché des cryptos, qui demande une approche particulière.

Attention à l’immobilier

Si nous nous basons sur ce qui a été précisé dans les deux articles précédents, la baisse du pouvoir d’achat aura un impact sur les prix, avec pour conséquence une baisse des prix généralisée… Biens de consommations, sans épargner les biens immobiliers.

En cas de déflation, investir dans l’immobilier peut-être particulièrement piégeux.

Dans le cadre d’un investissement direct, la « pierre » est un actif qui peut voir sa valeur fluctuer à la hausse comme à la baisse, puisqu’elle n’est pas garantie en capital. Le crédit contracté pour son acquisition, lui, dispose d’un taux fixe, et doit-être remboursé dans son intégralité, quelque soient les aléas du marché. Mécaniquement, le coût du crédit va surenchérir.

Par ailleurs, même si l’investissement permet de profiter d’un revenu sous forme de loyer (directement ou via une SCPI), celui-ci pourrait baisser.

Rester à l’écart de l’actionnariat des secteurs impactés par la crise

La valeur des actions provient de la capacité bénéficiaire des entreprises.

Alors que de très nombreuses sociétés préfèrent rester prudentes sur leurs résultats à venir en 2020, en évitant tout prévisionnel hasardeux, il peut être sage de rester à l’écart de certains secteurs économiques.

Ainsi, la baisse de la demande et par conséquent la faible croissance potentielle, risquent d’entraîner à la baisse la profitabilité de certaines entreprises.
Les secteurs de l’énergie, de l’aérien, de l’aéronautique, de l’automobile, du tourisme, de la culture et des activités de service corrélées, peuvent-être très volatils, comme cela a été démontré par les violentes fluctuations des cours ces dernières semaines.

Certains prix atteignant d’ailleurs des plus bas historiques.

Par ailleurs, en forte période de crise, il n’y a aucune garantie de percevoir une partie des bénéfices réalisés par l’entreprise, via les dividendes. Cela a été le cas récemment pour les entreprises françaises, beaucoup ayant fait le choix de préserver leur trésorerie. Les dividendes ont ainsi été diminués, différés, voire même supprimés.

En revanche, en soignant ses points d’entrée, l’investissement est envisageable dans certains secteurs, en croissance, surfant sur des activités en développement, ou profitant de leur statut de valeurs refuge.

On pense bien entendu au Géants américains (GAFAM), mais dont les prix flirtent avec des sommets ; au secteur du premium et du luxe qui résiste très correctement pour le moment ; aux domaines de la recherche et de la santé qui pourraient profiter des initiatives pour le développement de potentiels traitements et vaccins au coronavirus…

Et favoriser les obligations à taux fixe

Dans un contexte de forte déflation, l’épargne bancaire constituée d’obligations, disposant d’un taux d’intérêt fixe, est intéressante. Ce dernier est toujours préférable au rendement négatif lié à une baisse des prix.

Ces obligations ne proposeront pas une rémunération particulièrement attrayante, mais assureront la garantie du capital avant même de le valoriser.
Ce qui en cas de crise est toujours bon à prendre !

Des situations différentes selon les matières premières

Ce qui caractérisera le monde post-confinement, c’est bien une destruction de la demande.
La peur ou les contraintes qui saisissent le travailleur ou le consommateur et l’empêche de travailler ou de consommer, alimentent cette situation.

Et le marché des matières premières subit de plein fouet cette rupture de l’équilibre entre l’offre et la demande !

En face, les fournisseurs de biens et de services auront du mal à écouler leurs marchandises : il faudra soit détruire la production ou l’immobiliser, voire la stocker quand cela est possible. Ajuster les prix pour écouler la marchandise est une autre solution, la moins viable pour les acteurs du marché !

Á titre d’exemple :

– les agriculteurs américains détruisent une partie de leur production de maïs et il est envisagé d’euthanasier la majorité du bétail invendu
– l’Europe ne sait plus quoi faire de son lait
– les réserves du pétrole sont arrivées quasiment à saturation aux États-Unis
– la Russie a pris la décision de ne plus exporter son blé pour préserver ses réserves à destination de sa consommation intérieure
– les prix des métaux s’effondrent, comme le platine, la production automobile tournant au ralenti.

Le marché des matières premières a été particulièrement impacté par la baisse des prix ces derniers mois (voir à ce sujet l’article ci-après). Certains produits de base, comme les oléagineux (soja), le sucre, ou les matériaux (zinc, nickel, aluminium…) ont atteint des plus bas.

Graphique de cotation sur 3 mois de l'huile de soja et du platine

Deux exemples de cotation affichant un fort recul du prix sur 3 mois à l’occasion des tensions causées par la crise du coronavirus. Prix du contrat à terme de l’huile de soja (oléagineux) et du cours du Platine (métal) (Source – Investir.lesechos.fr)

Il n’est du coup pas inintéressant de surveiller certains cours qui pourraient repartir à la hausse avec la période du déconfinement.
Dans une optique de diversification, certains instruments financiers permettent d’entrer sur le marché, par le biais de certains dérivés, afin que les prises de position n’ajoutent pas à la spéculation du secteur, particulièrement rude envers les producteurs…

Pour en savoir plus, cliquer sur les liens ci-dessous pour consulter les articles de la série :
Lien vers le premier article de la série
Lien vers le deuxième article de la série

Clémence,
Rédactrice financière pour EnBourse

6 COMMENTAIRES

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Alexis M
26 mai 2020 15:14

Attention à ci, attention à ça… La partie « Tirer profit de certains actifs financiers » n’apparaît pas clairement.

Frederic65
17 mai 2020 11:52

Merci Clemence pour ces trois volets tres interessants.

chris73
16 mai 2020 19:29

Merci Clémence pour ce panorama actuel des secteurs d’investissements , très intéressant une fois de plus 🙂

QUI SUIS-JE ?

Je m'appelle Sylvain March, et je suis trader indépendant depuis 2008.

J'investis en bourse avec mon propre capital et cette activité, simple et mobile, me permet de vivre et travailler n'importe ou dans le monde.

Egalement auteur financier et formateur,

je partage sur ce blog des méthodes efficaces que j'ai testées, et qui vont aussi fonctionner pour vous.

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