Vente à découvert, partie II : Comment bien l’utiliser

Vente à découvert, partie II : Comment bien l'utiliser

On a vu dans l’article précédent ce qu’était exactement la vente à découvert.
Aujourd’hui, voici plus d’infos pour bien utiliser cette technique puissante, mais à double tranchant :


Bien VAD sur les actions :

Pour les actions détenues en direct (ou « titres vifs »), le seul moyen en France, pour un particulier, est de passer par le SRD.
Le service de règlement différé permet de régler l’achat ou la vente de titres à la fin du mois (5 jours de bourse avant la fin exactement), et donc d’acheter ou de vendre à découvert.

Les conditions d’utilisation de ce service sont très limitées (cocorico…) :
Effet de levier X5 maximum, voire moins selon les cas.
– Uniquement sur les actions du SBF120 et quelques actions Européennes.
– Des frais de transaction supérieurs par rapport l’achat au comptant (donc très importants).

Mon conseil : Pas la peine d’utiliser le SRD pour faire de la spéculation, les CFD sont bien plus adaptés.

En revanche, cela peut être utile pour vous couvrir contre des baisses temporaires, ou amplifier un mouvement à la hausse, sur des actions détenues dans votre portefeuille long terme.
Idéalement, pour attraper des mouvements d’un mois minimum (à cause des frais de transaction) à 3 mois maximum (à cause des frais de prorogation).

Bien VAD sur les CFD et le Forex :

Comme je l’ai expliqué dans l’article précédent, VAD est ici un abus de langage, il s’agit plutôt de miser à la baisse en position de vente, de manière symétrique à la position d’achat.

Les avantages sont nombreux, car contrairement au SRD, il n’y a aucun frais supplémentaire pour tenir une position courte (« courte »=vente, « longue »=achat), voire même cela coûte moins cher dans le cas des CFD !
En effet, vous fournissez de la liquidité en étant une contrepartie naturelle à un acheteur, et faites économiser des frais de couverture au courtier, qui vous en reverse une partie.

Mon conseil : Traitez les opportunités de vente de la même manière que les opportunités d’achat : vous doublez vos chances de faire des profits sur une même valeur.

D’un point de vue graphique, toute règle d’entrée/sortie peut être renversée (notamment en utilisant celle de ma formation Analyste Technique Pro), mais vous devez cependant être encore plus vigilant avec vos stops.

Pourquoi ? Parce que l’espérance de perte, contrairement à une position d’achat, est infinie :

– Quand vous achetez, le risque maximal que vous encourez est que le titre se retrouve à 0, ce qui en plus est très peu probable (et quasi impossible pour les taux de change).
Cela signifie que si vous misez 1000€, vous pouvez perdre maximum 1000€ (en levier x1).

– Mais quand vous vendez, le risque que le titre monte est sans limite, en plus d’être très probable sur le long terme !
Si vous misez 1000€, vous pouvez perdre non seulement ces 1000€, mais bien plus si la valeur du titre double, triple…
Dans ce cas le courtier « tapera » dans votre marge disponible, c’est à dire le capital disponible (donc non engagé sur d’autres positions) que vous avez déposé chez lui.
Si l’intégralité de la marge est utilisée, le courtier coupera la position, vous laissant avec un compte de trading vidé. C’est ce qu’on appelle un appel de marge.

C’est pour cette raison qu’il faut absolument placer un stop, et mesurer votre risque, quand vous utilisez la VAD (idem pour un effet de levier important).

La VAD est donc un outil puissant, à manier avec prudence, comme une épée à double tranchant 🙂

Connaissez-vous d’autres méthodes pour bien « VADer » ?
A tout de suite dans les commentaires.

Bons trades et bons investissements,

Sylvain March.