Le trading social ou « trading de copie » : non, non et non !

Le trading social : pourquoi c'est non

Le trading « social » vous connaissez ? C’est le nouveau gadget à la mode des courtiers : il permet de copier les ordres des meilleurs traders d’une plateforme.

Si le concept est plutôt intéressant sur le papier, il se révèle en pratique catastrophique pour votre capital. Voici pourquoi :

Le trading « social » c’est quoi ?

Alors pour commencer, cette expression de trading social est totalement abusive de la part des courtiers, car elle laisse penser que trading social = trading miroir.
(aussi appelé trading de copie, copytrading en anglais)

En réalité le trading social englobe bien d’autres techniques, certaines louables, comme par exemple la mutualisation des informations de marché entre traders.
Je parlerai donc bien ici du trading de copie uniquement.

Le business fonctionne en 2 parties :

  • Vous avez d’un côté des traders (amateurs) que les plateformes appellent « pros », « leaders » ou « gourous » et qui créent des signaux de trading en prenant des positions.
    Ces positions sont surveillées par la plateforme, soit en connectant votre courtier à celle-ci, soit en indiquant manuellement à la plateforme vos positions.
     
  • De l’autre côté, vous avez les « suiveurs », followers », ou « copieurs » : des traders tout aussi amateurs que les premiers, qui répliquent automatiquement les ordres des leaders, en connectant également la plateforme à leur compte de courtage.

Ces plateformes sont soit déjà courtiers, et utilisent ce système comme un outil supplémentaire (comme etoro par exemple) soit sont des plateformes pures, qui se connectent à des courtiers partenaires (Zulutrade ou Currensee par exemple).

Il y a actuellement un vrai engouement, car les traders amateurs fournisseurs de signaux sont rémunérés par les plateformes en fonction de leur popularité
(pas leur performance : leur popularité, donc le nombre de suiveurs)
…et de l’autre les traders suiveurs y voient un moyen de faire fructifier leur compte sans lever le petit doigt, en répliquant automatiquement la performance des meilleurs d’une plateforme.

La plateforme elle, y gagne en touchant des commissions des courtiers partenaires, en fonction du volume de transactions.

Pourquoi ça ne marche pas :

En fait, on peut résumer le fonctionnement très simplement :

Des novices qui ne veulent pas travailler suivent des portefeuilles managés par d’autres novices, qui créent des stratégies ultra-agressives pour espérer faire partie du top classement, et ainsi toucher des royalties, qui ne sont rien d’autre que les miettes laissées par les courtiers sur cet énorme business.

Pas convaincu ? Quand on sait que sur 3 ans, 70% des PROFESSIONNELS de fonds n’arrivent pas à battre le marché, qu’est-ce que ça peut donner dans les mains d’amateurs qui cherchent à créer des courbes exponentielles ?

Voici quelques statistiques que j’ai compilées à parti d’une de ces plateformes :

  • Malgré environ 50 000 fournisseurs de signaux, les 10 meilleurs fournisseurs ont fait en moyenne seulement +7% sur l’année écoulée…(j’ai fait la simulation en utilisant un levier 10, déjà assez élevé).
     
  • Parmi les 50 meilleures stratégies dans le classement temps réel, la moitié n’ont pas plus de 20 semaines d’existence (j’explique pourquoi après).
     
  • Enfin, la stat qui tue toutes les autres : sur 200 000 clients, seulement 150 on fait plus de 10% de rentabilité l’année dernière !

Le vilain petit secret derrière ces chiffres :

Comment est-ce possible, alors que l’on peut voir sur les pages d’accueil, des stratégies qui atteignent parfois les +1500% ?

C’est simple : les particuliers fournisseurs de signaux ouvrent 5, 10 ou 20 comptes en même temps (c’est généralement interdit, mais facilement contournable) avec des stratégies différentes, et un effet de levier élevé.

Par chance, une ou deux dans le lot vont marcher, seulement pendant un temps bien sûr, et les suiveurs vont se brancher comme des junkies à cette nouvelle stratégie miracle.
Mais quelques mois plus tard, le compte finira par ne plus rien faire, voire pire se crasher, et de nouveaux fournisseurs apparaîtront dans la valse permanente du « top 10 ».

Voilà, j’espère vous avoir convaincu, mais si vous voulez tester par vous-même, allez-y : mais par pitié, testez avec un compte démo !

Si vous avez des questions, souhaitez des précisions…
Posez vos questions en commentaires ci-dessous !

Bons trades et bons investissements,

Sylvain March.