Quels impacts économiques ont entraîné la chute du baril de pétrole ?

Quels impacts économiques ont entraîné la chute du baril de pétrole ?

Depuis le mois de juillet 2014, le cours du baril de pétrole n’a cessé de baisser.
Voyons de plus près quel peut être l’impact économique à échelle mondiale d’une telle baisse…






Chute du prix du pétrole : plutôt une bonne nouvelle pour les consommateurs

Du point de vue du consommateur lambda (c’est-à-dire, tous les propriétaires de véhicules motorisés), la baisse du prix du pétrole entraîne logiquement une baisse du prix du carburant.

C’est donc une bonne nouvelle puisque ces économies permettent une augmentation du pouvoir d’achat, en particulier dans la zone Euro, qui est l’une des premières importatrices d’or noir du monde.
Pierre Moscovici (commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, à la fiscalité et à l’union douanière) a même annoncé qu’il s’agissait là d’un « […] soutien au pouvoir d’achat et à la croissance ».

Par cette déclaration, il sous-entend que l’argent économisé en carburant, poussera les consommateurs à dépenser dans d’autres secteurs d’activités, ce qui pourrait alors donner un coup de pouce inespéré à la croissance européenne qui a dernièrement tendance à stagner.

C’est également une très bonne nouvelle pour toutes les entreprises qui sont de par leur nature, de grandes consommatrices de carburant, notamment les compagnies aériennes.
Certaines d’entre elles, comme Ryanair, en ont même profité pour relever leurs prévisions de bénéfices nets et par la même occasion, annoncer la distribution d’un dividende de 0,375 €/titre à ses actionnaires, dès le mois de février (source : Challenges).

De l’autre côté du miroir :

Bien sûr, en dehors des bénéfices économiques que peut entraîner la chute du prix du pétrole, il y a aussi des effets néfastes sur l’économie mondiale.
Les premiers touchés sont les pays producteurs, comme les États-Unis et en particulier, l’État du Texas qui produit et exporte son pétrole et se voit forcé de le faire à moindre prix.

À plus petite échelle se trouvent ensuite toutes les compagnies qui ont un rapport plus ou moins important avec l’industrie pétrolifère.
Et là, les conséquences sont beaucoup plus inquiétantes, quand on sait que certaines entreprises (ex : Exxon Mobil) font partie des plus grosses capitalisations boursières.

Ces sociétés ont donc décidé de prendre les mesures qui s’imposent, pour tailler le mal à la racine : moins d’investissements prévus pour 2015, gel des salaires, suppressions de postes…

Tout cela n’est pas pour rassurer les actionnaires de ces entreprises dont beaucoup préfèrent se retirer le temps que le prix du baril se stabilise à nouveau.
De plus, si la baisse du carburant offre plus de pouvoir d’achat aux consommateurs, rien n’assure que ceux-ci dépenseront leur argent ailleurs.

Peut-être préféreront-ils profiter de l’occasion pour faire des réserves (d’argent, et/ou de carburant…) ? Et dans ce cas, le risque de déflation guette l’économie mondiale, un peu comme l’épée de Damoclès.

Et maintenant ? Que va-t-il se passer ?

Si l’on peut d’ores et déjà penser que le prix du baril ne baissera pas indéfiniment, on ignore encore quand il va enfin se stabiliser.

Pour l’instant, les graphiques ne laissent pas vraiment de scénario intermédiaire, même si beaucoup s’accordent à dire que l’on devrait assister à une remontée des prix d’ici à 2016, très attendue des actionnaires.

Mais si vous aussi vous désirez profiter de cette remontée, soyez toujours prudent.
Investir dans le pétrole (Brent, ou WTI), est un pari risqué plutôt réservé aux gros portefeuilles ou du moins, aux traders les plus expérimentés.

Cela dit, rien ne vous empêche de surveiller de près les entreprises pétrolifères qui verront le prix de leurs titres augmenter dès que la situation sera sur le point de s’améliorer.

Pétrole Brent

Avez-vous déjà investi dans le pétrole ?
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Bons trades et à bientôt,

Sylvain March
Trader indépendant, et formateur pour mieux investir en bourse.