La moyenne mobile : ce que vous devez savoir sur cet indicateur

La moyenne mobile : tout ce que vous devez savoir sur cet indicateur

À la fin de cet article, vous saurez tout ce que vous avez besoin de savoir sur la moyenne mobile. Cet indicateur a toujours fait beaucoup parler : certains ne jurent que par lui, d’autres le trouvent inutile. Comme tout outil, il faut comprendre exactement ce qu’il fait et savoir l’utiliser simplement quand il est nécessaire. Revue.

Le premier indicateur technique moderne

La bourse n’a pas toujours été représentée sur des graphiques. À une époque, le prix était écrit plusieurs fois par jour sur un tableau, et c’est tout ! Il fallait faire une projection mentale pour imaginer l’évolution du cours boursier. Ce n’est que des années plus tard que les graphiques sont apparus pour suivre l’évolution en « temps réel » date de l’avènement de l’informatique dans les années 1970.
L’invention de la moyenne mobile date de 1901. C’était un simple outil pour servir les statistiques. Il a bien plus tard été « récupéré » par les traders, au point qu’aujourd’hui il est plus associé à la bourse qu’aux mathématiques.
Cet indicateur, qui -comme tous les autres-, est un dérivé du prix, a initié la mode de l’analyse technique et graphique. Qu’on l’aime ou pas, des fortunes se sont faites et défaites à travers lui.

Vous pouvez choisir de l’utiliser ou non, mais en tant qu’outil boursier le plus utilisé au monde, vous devez bien comprendre ce qu’il fait, ce qu’il ne fait pas, et à quoi il peut servir.

La moyenne mobile est d’abord une moyenne

La MM ( ou MA pour Moving average) , c’est la moyenne de la cotation des X dernières périodes, et ce, recalculé à chaque nouvelle période.

Une MM sur 20 périodes, recalcule donc la moyenne du prix des 20 dernières périodes (période = unité de temps choisie sur le graphique. 1 minute, 4 heures, 1 jour…) à chaque nouvelle période.

Le calcul pour la MM20 : ( période t-1 + période t-2 etc. +période t-20 ) divisé par 20 . Vous avez compris le principe.

Si l’on représente le résultat sur un graphique en parallèle du prix ( en bleu ), on observe qu’il affiche en fait le prix de manière « lissée », avec moins de pics et soubresauts, et ce, en retard du prix :

moyenne mobile

Si on augmente le nombre de périodes, mettons 50 ( en rouge ), la courbe sera à la fois davantage lissée, et davantage en retard :

moyenne mobile 2

On note également que le croisement entre le prix et la courbe se fait plus rare.

À savoir :  le calcul donné plus haut défini la moyenne mobile arithmétique, aussi appelée moyenne mobile simple., abrégée MVA ou SMA en anglais.

Il existe d’autres modes de calcul, comme la moyenne mobile pondérée  (qui donne un peu plus de poids dans le calcul aux périodes récentes), ou la moyenne mobile exponentielle (qui donne beaucoup  plus de poids dans le calcul aux périodes récentes).
L’intérêt de ces variantes ? « Coller » davantage au prix, sans pour autant avoir à réduire le nombre de périodes en paramétrage.

À savoir aussi : la plupart des calculs de moyenne mobile prennent pour convention le prix à la clôture de chaque période. Mais ce n’est pas une obligation absolue. Certains logiciels de trading proposent des méthodes de calcul plus complexes (prix médian sur la période par exemple, plutôt que le prix à la fin.)

Comment l’interpréter

La principale interprétation de l’indicateur, c’est de faire des déductions à partir de la position du prix par rapport à sa moyenne mobile.
Si le prix est sous sa MM, nous sommes dans une tendance baissière, et inversement.
Plus la distance entre le prix et sa MM est importante, et plus le mouvement est violent (et donc risqué).

La conséquence, c’est donc d’imaginer que si le prix croise sa moyenne mobile vers le haut, une tendance haussière se dessine probablement, il faut donc acheter. Et inversement.

Ce n’est qu’une hypothèse bien sûr, et ce raisonnement doit OBLIGATOIREMENT être accompagné de « preuves » complémentaires. Que ces preuves soient techniques ou économiques.

Mais le truc, c’est que les croisements vont intervenir à différents endroits selon le paramétrage de l’indicateur.
Et nous touchons là au dilemme du trader qui utilise la moyenne mobile : combien de périodes utiliser ? 3, 10, 15468548 ?

La logique derrière ce paramètre, c’est que :

  • Plus le nombre sera faible, moins le retard sera important, mais les « faux signaux » de croisements seront fréquents.
  • Plus le nombre sera élevé, moins les faux signaux seront présents, mais le retard sera important.

Certains se servent aussi de plusieurs moyennes mobiles sur un même graphique, et cherchent des corrélations quand ces MM se croisent entre elles par exemple.
On peut aussi envisager de définir une grande tendance avec une moyenne mobile élevée (ex : 100), et chercher des entrées en position avec une MM avec un faible paramétrage (ex : 10).

C’est généralement là que le piège se referme sur le trader. On fini par en avoir 5, 10 sur le graphique, à tester des centaines de combinaisons… Un jour avoir l’impression d’avoir découvert le Graal, et déchanter violemment la semaine suivante. Et recommencer sans cesse (du moins tant qu’on à de l’argent sur le compte !).
Exemple :

Au final, qu’en conclure ? Mes conseils.

Là, vous vous sentez peut-être un peu perdu ! Je vais synthétiser mon expérience de cet indicateur.

Quel paramétrage :

Comme je l’explique dans mon livre, la MM la plus utilisée dans le monde, est la MM simple à 50 périodes. Vous ne souhaitez pas vous arracher les cheveux ? Faites confiance à mes années de trading : prenez celle-là, et n’en changez plus jamais.
Pourquoi ? Parce que l’important n’est pas le paramétrage, l’important est d’avoir un outil constant (imaginez si vous étiez forgeron et que votre marteau change de poids tous les jours…) et qui reflète la majorité.

Comment s’en servir :
1. Pour savoir dans quelle tendance vous êtes, à la louche.
2. Comme signal d’achat EN COMPLEMENT d’autres informations.
3. Comme stop suiveur de vos positions gagnantes. Cette dernière utilisation est vraiment efficace.

Bon voilà, je me suis pas mal donné pour cet article, dites-moi si ça valait le coup ! Si c’est le cas, ça me fera plaisir 🙂

À très bientôt,
Sylvain March.