Comment fonctionne une offre publique d’achat ?

Comment fonctionne une offre publique d’achat ?

Quand une société fait savoir publiquement (ex : par voie de presse) qu’elle souhaite racheter tous les titres d’une entreprise cotée (ou seulement une part de ceux-ci), on parle d’OPA : Offre Publique d’Achat.
Je vais vous expliquer le fonctionnement d’une OPA et en quelle mesure les actionnaires de l’entreprise cible sont concernés par le processus…

Les OPA classiques, ou « amicales » :

Lorsqu’une société décide de racheter une portion, ou l’ensemble des titres émis par une autre entreprise, elle doit présenter son projet de rachat à l’AMF (Autorité des Marchés Financiers).

Si l’AMF autorise l’opération après examen du dossier, et que la société cible accueille favorablement cette nouvelle, on parle d’OPA amicale.
L’entreprise acquéreuse va alors racheter les actions auprès des actionnaires à un prix supérieur à la cotation.

Mais ce n’est pas tout : elle va aussi racheter tous les titres ayant un rapport avec le capital notamment les bons convertibles ou encore les obligations.
Durant le processus, la cotation des titres de l’entreprise cible est interrompue.

À noter que tous les détails de l’offre sont déterminés à l’avance, comme : le nombre de titres qui seront achetés, le prix auquel ils seront rachetés, et la durée maximum de la période durant laquelle se déroulera tout le processus.

Une fois le temps écoulé, il y a deux solutions :

– Soit l’entreprise acquéreuse a atteint le nombre de titres qu’elle souhaitait acheter et dans ce cas, l’opération est un succès

– Soit ce n’est pas le cas, et l’opération est alors avortée

Les OPA hostiles, ou non sollicitées :

Le processus est à peu près le même (présentation du projet à l’AMF, analyse de la demande, autorisation…), à un détail près : la société cible n’est pas du tout d’accord.

La durée de l’opération est alors plus longue que pour une OPA amicale, le temps que tous les actionnaires aient pris une décision : ou ils décident d’apporter leurs titres à l’opération, ou non.
Toutefois, même dans le cas d’une OPA hostile, l’entreprise cible a encore une carte à jouer : elle peut demander à une société « amie », de faire une autre proposition d’OPA (amicale, cette fois).

Cette troisième entreprise qui joue en quelque sorte le rôle de « sauveur », est joliment appelée « chevalier blanc ».

Que se passe-t-il alors ?

Les actionnaires de l’entreprise cible doivent également donner leur décision de céder leurs titres à l’une ou l’autre des deux sociétés (généralement, donc, le chevalier blanc) qui se portent comme acquéreuses potentielles.

Là encore, une fois le temps imparti écoulé, il faut que l’une de ces deux sociétés ait atteint le nombre de titres demandés pour que l’opération soit un succès.

Comment les investisseurs peuvent-ils profiter de l’opération ?

Le principe de l’OPA est simple : il consiste à vous racheter, à vous actionnaire, les titres que vous possédez.

À ne pas confondre, donc, avec une fusion/acquisition.

Exemple :

L’entreprise machin veut racheter les titres de l’entreprise truc.
Ceux-ci sont actuellement cotés sur le marché à 50 € pièce et vous en possédez 10 : vous disposez donc de 500 € d’actions.
Mais il se trouve que l’entreprise machin vous propose de vous les racheter à 80 € pièce.
Donc si vous acceptez, vous toucherez 800 €, soit 300 € de plus ou si vous préférez, 60 % de plus que la dernière cotation des titres.

Voyez-vous où je veux en venir ?

Bien sûr, il peut parfois être délicat de vous séparer de titres alors que si vous les avez achetés, c’est justement parce que vous soutenez l’entreprise qui les émet.
Mais vous devez reconnaître que le dilemme devient beaucoup plus facile lorsque vous savez que vous gagnerez 60 % supplémentaires par rapport à la cotation, qui seront payés immédiatement en espèces dès que le succès de l’opération sera validé.

Vous pourrez ensuite investir ces gains dans de nouveaux titres et faire jouer les intérêts composés.

Le saviez-vous ?

Il est impossible de prévoir si la société dans laquelle vous avez investi sera, un jour, la cible d’une OPA. Si jamais des renseignements venaient à se connaître avant le lancement de l’opération, il s’agirait alors ni plus ni moins d’un délit d’initié, qui comme vous le savez, est passible de lourdes sanctions

Avez-vous déjà profité d’une OPA ?
Donnez votre avis dans les commentaires en dessous de l’article !

Bons trades et à bientôt,

Sylvain March
Trader indépendant, et formateur pour mieux investir en bourse.