Comment bien choisir son courtier. Etape 1/2 : comprendre

Bourse : Comment bien choisir son courtier, la méthode

Ahh choisir son courtier…on est toujours persuadé qu’il nous dupe, et on a parfois raison.
Sans entrer dans des détails trop techniques, il est nécessaire de comprendre son métier pour bien le choisir :

Le courtier est un épicier

Le courtier, ou « broker » c’est un agent commercial.
Vous lui commandez un produit, il l’achète et vous le revend un peu plus cher.
S’il est « market maker » en plus de ses activités de courtier, c’est comme une boutique : il achètera en gros, fera des stocks et vous livrera en direct si ce que vous lui demandez est en stock (sinon il passera commande comme l’agent commercial).

Contrairement à ce qu’on pense communément, le profit ne se justifie pas que par la mise à disposition :
en effet il vous est tout à fait possible d’acheter vos actions en vous adressant directement à la société cotée !

La plus-value réside aussi dans le fait d’avoir un large choix de produits financiers disponibles et gérables au même endroit.
Cela nécessite des investissements humains et techniques de la part de la société de courtage.

Quand un courtier affiche clairement ses prix en commission (voire droits de garde, rollover…) et s’y tient, tout va bien.

Là où ça se corse, c’est quand il cherche à augmenter sa marge brute par des techniques dissimulées au client.

Quelques exemples :

  •  le spread (différence entre cours d’achat et de vente) est plus élevé que celui présenté.
  • le slippage (délai entre votre passage d’ordre et son exécution sur le marché) est allongé quand le cours bouge en votre défaveur.
  • s’il est market maker et qu’il prend position contre vous-même quand le carnet d’ordres de l’autre coté (la compensation) a une liquidité suffisante.
  • le courtier vous bascule sur des serveurs volontairement lents si vous êtes bon.
  • le courtier fait passer en priorité son activité de trading pour compte propre avant celle de ses clients (malheureusement très répandu).
  • j’en passe…

On voit bien que le tarif affiché n’est pas le seul argument pour bien choisir son courtier : il doit aussi, et surtout, être honnête.

Market Maker vs No Dealing Desk

La problématique de ce débat concerne uniquement le Forex et les CFD qui sont des marchés sans place centralisée unique.
En effet, pour les actions standard le marché financier (ex : NYSE, EURONEXT) assure le contrôle et la régulation, ces considérations ont donc moins d’importance.

Un broker No Dealing Desk redirige les ordres de trading vers un Market Maker qui fournira la liquidité et joue le rôle de contrepartie.

Un broker Market Maker va assurer lui même la liquidité (au moins en partie) et donc créer son propre marché et assurer la cotation.

L’erreur fréquente induite par le marketing de certains courtiers, est de penser que le NDD est forcément plus fiable que le Market Maker, car il se contente de transmettre les ordres et ne peut rien manipuler, ni n’a d’intérêt à voir perdre son client.
C’est faux.
D’un, un courtier NDD a aussi des techniques de manipulation à sa disposition, et de deux, il sera plus cher, car il n’est rien d’autre qu’un intermédiaire supplémentaire avant d’arriver au Market Maker !
Pour en savoir plus à ce sujet, je vous invite à lire l’article très bien fait de Pierre Antoine Dussoulier, président de Saxo Banque (il prêche pour sa paroisse j’en conviens) :
http://www.latribunedepad.fr/2011/05/no-dealing-desk/

De plus, les Market Makers ont un mérite supplémentaire, celui de devoir assurer la liquidité en toute circonstance, et donc d’assumer ce risque nécessaire.

En pratique, il y a des bons et des mauvais des deux côtés : ce n’est donc pas un argument de qualité en soi.

Tous ces éléments sont bien théoriques et pas forcément vérifiables par un trader amateur.
Alors en pratique, comment on peut procéder pour choisir et « tester » son courtier ?
La suite dans cet article ici !

À très bientôt,

Sylvain.