Définition d’un CFD, et comment s’en servir :

Définition CFD

Le CFD, « Contract for difference » est un instrument financier très utile à l’investisseur actif, sur la bourse en ligne.
Voici son explication, et comment bien s’en servir :

Définition CFD

L’acronyme du CFD définit bien sa fonction : il s’agit d’un pari avec une contrepartie (votre courtier), qui vous devra la différence si vous gagnez, et à qui vous devrez la différence si vous perdez.
Le calcul des gains, ou pertes, est lié au décalage du cours par rapport au niveau d’ouverture : exactement comme une plus-value/moins-value classique.

Contrairement aux options, il n’y a pas d’échéance : c’est vous qui décidez quand vous clôturez la position (1 an maximum cependant).

Les caractéristiques du CFD

La définition ci-dessus vous aura peut-être laissé perplexe, et vous pouvez poser la question :
« Quelle est la différence avec l’achat d’action standard ?  »

  • Vous ne possédez jamais le sous-jacent sur lequel vous misez, donc vous ne pouvez pas en réclamer la livraison à échéance, et vous ne touchez pas non plus de dividendes.
    En fait, vous achetez à découvert et vendez à découvert.
     
  • L’avantage que cela procure est de pouvoir utiliser l’effet de levier (jusqu’a x50 selon les courtiers CFD), bien plus qu’en utilisant le SRD (X5)
     
  • Vous pouvez investir sur des sous-jacents très diversifiés, actions étrangères, indices, matières premières, métaux, et d’une manière générale tout le marché des futures.
     
  • Les frais de transactions sont plus faibles (mais il y a des frais de tenue de position au-delà d’un jour, comme sur le SRD).
     
  • Il n’y a aucun problème de liquidité : c’est le courtier qui assure l’animation du marché. Donc à partir du moment où l’ordre est accepté, il sera exécuté intégralement et très rapidement (chez les courtiers sérieux du moins).
     

Voici une formule qui résume bien cet instrument financier : « le CFD permet de saisir toutes les opportunités de marchés, à la hausse comme à la baisse, avec un effet de levier modulable et sans être propriétaire des instruments négociés. »

Les frais et commissions sur CFD

C’est un point essentiel sur lequel je vais m’attarder, car il conditionne la façon dont on l’utilise.

Le calcul des frais sur CFD peut-être déstabilisant pour le novice, car les frais varient selon le contexte et le sous-jacent.
Je vais tenter de vous l’expliquer, mais sachez que ce n’est qu’à titre indicatif, car cela peut différer selon les courtiers.

Le spread :
très connu dans le Forex, c’est la différence entre le cours d’achat et le cours de vente.
Sur les actions classiques, il s’agit du décalage entre la meilleure demande d’un acheteur, et la meilleure offre d’un vendeur. Le courtier se rémunère alors, en réalisant un arbitrage sur la différence.
Mais sur les CFD, comme le courtier est Market Maker et crée ses propres contrats, ce spread sera « simulé » pour financer le courtier. Il peut être fixe (toujours le même) ou variable (moins cher en conditions normales de marché, mais peut s’envoler lors de volatilité importante).

La transaction :
généralement sur les CFD actions, il n’y a pas de spread (cela dépend des courtiers). Il est remplacé par un coût de transaction, qui est généralement un faible pourcentage (environ 0,08%) de la position, avec un minimum fixe.

Les frais de prorogation, ou rollover :
c’est un frais conditionnel. Il se déclenchera uniquement si vous conservez votre position au-delà d’une journée, et ce chaque jour (sauf sur les futures).

– Sur les devises :
le rollover est calculé en faisant la différence entre le taux de prêt des banques centrales respectives composant la paire. Exemple, si vous achetez de l’euro contre du dollar, on fera la différence entre le taux de la BCE et celui de la FED (BCE-Fed) il pourra être positif ou négatif selon la valeur des taux respectifs. Du fait de la crise, ces taux sont très bas, et donc la différence est quasi négligeable sur le Forex.

– Sur les actions, matières premières, indices :
  — Position acheteuse :
le courtier devant se couvrir sur les marchés, il devra emprunter un montant de titres équivalent à celui à qui vous achetez.
L’emprunt se fera au taux interbancaire de l’euribor 1 mois (actuellement très bas, à 0.12%) et le courtier vous le refacturera, + une commission.
Le calcul : (Commission + taux euribor) / 360

  — Position vendeuse :
C’est l’inverse. Vous n’êtes plus l’emprunteur, mais le prêteur. Le courtier vous versera donc chaque jour le montant correspondant au taux de l’euribor, mais il vous facturera quand même sa commission.
Le calcul : (Commission – taux euribor) / 360

– Sur les contrats futures :
Si le sous-jacent de votre CFD est un future (très souvent le cas sur les indices et matières premières) le rollover ne se fera pas chaque jour, mais à l’expiration du contrat future, tous les 1 à 3 mois généralement.
Le calcul sera : frais de prorogation de la future + une commission.

Dans quel contexte utiliser les CFD :

Que déduire de cet exposé ?
Les CFD sont conçus pour le trading court terme.
L’effet de levier est très dangereux sur les positions long terme, et le rollover vient grever petit à petit la performance au fil du temps.

Si la date d’expiration théorique d’un CFD est d’un an, l’instrument est totalement inadapté à une durée aussi longue !

Personnellement, j’utilise les CFD sur maximum 1 semaine ouvrée, c’est-à-dire que je clôture toutes mes positions le vendredi soir. Cela me permet de me plier à un délai d’utilisation maximum, mais aussi d’échapper aux gaps du weekend, qui peuvent être très risqués quand on mise à court terme.
Enfin, sur quelques jours, les frais de rollover sont supportables.

En conclusion, autant les options binaires sont un produit dérivé « attrape-nigaud », autant le CFD, bien utilisé, est un outil génial dans la besace du trader court terme.
Attention cependant, le CFD est adapté pour le trader actif, il vous demandera compétence, vigilance, et surtout disponibilité.

Utilisez-vous les CFD dans votre « arsenal de trader ?
Réagissez en commentaires plus bas !

À très bientôt,
Sylvain.